Sebha, ville pionnière au coeur du Sahara libyen : Urbanisation, immigration, développement, tensions PDF

Officier des forces armées libyennes, Kadhafi arrive au pouvoir lors du coup d’État de 1969, qui renverse la monarchie. Il se distingue d’emblée par sebha, ville pionnière au coeur du Sahara libyen : Urbanisation, immigration, développement, tensions PDF politique volontariste visant à concrétiser les objectifs du panarabisme.


Capitale du Fezzan, Sebha a connu ces dernières décennies une croissance spectaculaire. Promue « ville d’Etat » et « porte de l’Afrique » par la volonté de Muammar Kadhafi, cette modeste oasis riche de ses hydrocarbures et de ses immenses aquifères fossiles est devenue la plus grande agglomération du Sahara. Soumise aujourd’hui à une très forte pression démographique et à une exploitation intensive, la « cité des sables » n’a d’autre choix que d’imaginer une nouvelle forme de développement.

2011, son pouvoir, en place depuis plus de 41 ans, est menacé par une contestation populaire que la répression transforme rapidement en insurrection armée, puis en guerre civile. Il grandit dans la région désertique de Syrte et reçoit tout d’abord une éducation islamique dispensée par un cheikh sunnite. Mouammar Kadhafi étudie le droit à l’université de Libye puis, désireux de faire carrière dans l’armée, entre à l’Académie militaire de Benghazi en 1963. Kadhafi affirme par la suite :  Quand nous avons décidé d’entrer à l’académie militaire, ce n’était pas pour devenir des soldats de métier, mais pour infiltrer cette institution et préparer la révolution. Tout cela s’ajoutait à la présence permanente de l’armée italienne de colonisation. Mouammar Kadhafi aux côtés de Gamal Abdel Nasser, en 1969. Au cours des années 1960, le mécontentement populaire va croissant à l’égard du régime monarchique, qui échoue à sortir de sa sclérose politique comme à lutter efficacement contre les problèmes sociaux, malgré des réformes dont les effets tardent par ailleurs à se faire sentir.

Ayant constaté l’impossibilité d’organiser une révolution populaire pour renverser la monarchie, les officiers font le choix de la méthode du coup d’État, longuement préparé par une méthode de noyautage de l’armée et par le recrutement de nouveaux membres. Kadhafi impose aux conjurés une discipline stricte, et des règles draconiennes d’hygiène de vie. Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, alors que le roi se trouve à l’étranger pour suivre sa cure annuelle, les officiers investissent, à Tripoli et Benghazi, les différents lieux stratégiques. En l’espace de trois jours, les résistances cessent en Libye. Le roi Idris, surpris par la nouvelle durant son déplacement à l’étranger, tente vainement d’obtenir l’aide du Royaume-Uni.

Les chefs de la conjuration demeurent anonymes dans un premier temps. Si le CCR est exclusivement composé de militaires, le premier gouvernement est dirigé par un civil, l’expert pétrolier et syndicaliste Mahmoud Soleiman al-Maghrebi, considéré comme proche des thèses marxistes. Premier drapeau de la République arabe libyenne, adopté en 1969. Cinq des membres du CCR sont nommés à des postes ministériels, mais Kadhafi semble avoir surtout visé à les isoler ainsi de l’armée, où se situent les vrais enjeux du pouvoir. Libye et de l’organisation du pays en structures inspirées du nassérisme et du panarabisme. Kadhafi canalise et contrôle tous les débats du Congrès et en retire un surcroît de légitimité politique. Un nouveau gouvernement, fondé le 8 septembre 1970, consacre l’élimination des intellectuels du pouvoir en Libye au profit des fidèles nommés par les militaires du CCR.

Dès ses premiers mois de pouvoir, Mouammar Kadhafi procède à la nationalisation de certaines entreprises, notamment celles détenues par des ressortissants italiens et les banques étrangères. L’État s’arroge le monopole du commerce extérieur. Il demande à l’armée britannique de quitter la Libye, après treize ans de présence militaire. Cependant, l’impression des observateurs étrangers est tout d’abord positive, Kadhafi introduisant sur le plan de la politique intérieure de nombreuses mesures populaires, tels le doublement du salaire minimum ou le gel des loyers. Les palais royaux deviennent des bâtiments publics et l’enseignement est arabisé.

Anouar el-Sadate, Mouammar Kadhafi et Hafez el-Assad signant en 1971 l’accord de fédération de leurs trois pays au sein de l’Union des républiques arabes. Il se distingue cependant de Nasser par un univers référentiel nettement plus religieux, proche de celui des islamistes bien qu’il s’oppose par ailleurs à ces derniers. Kadhafi est l’un des premiers chefs d’État arabes à s’engager dans la voie d’une réislamisation partielle du droit positif. La mort du président égyptien ne ralentit pas le projet d’union avec l’Égypte et l’arrivée au pouvoir de Hafez el-Assad en Syrie amène l’adhésion de ce dernier pays au projet. La fusion, prévue pour être concrétisée en 1973, n’a finalement pas lieu. L’Union des Républiques arabes continue d’exister sur le papier jusqu’en 1984, sans être dotée de la moindre substance. En 1977, un bref conflit militaire oppose la Libye et l’Égypte.

Au début de 1973, Mouammar Kadhafi est confronté à une situation d’échec sur les plans de la politique extérieure et intérieure. Ses ambitions panarabistes ont échoué, et l’appareil administratif se montre rétif à ses consignes. Il court-circuite ainsi l’opposition interne en rejetant la légitimité des institutions révolutionnaires au profit d’un pouvoir censé être directement exercé par le peuple. Kadhafi, qui pense avoir trouvé la solution à l’immobilisme ambiant qui frustrait ses ambitions révolutionnaires. Des assemblées censées faire office d’expression directe de la volonté du peuple libyen, les Congrès populaires de base et les Comités populaires, sont progressivement mis en place.

Kadhafi entreprend ensuite de fournir un corpus doctrinal de son cru au régime politique d’un type nouveau qu’il entend bâtir. 1974, le dirigeant libyen, qui consacre une part croissante de son temps à concevoir le corpus idéologique du régime, délègue une partie de ses fonctions au sein du CCR à Abdessalam Jalloud, à qui il avait déjà laissé le poste de Premier ministre en 1972. Drapeau de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, adopté en 1977. Le 2 mars 1977, le processus lancé en 1973 par le discours de Zouara débouche sur le passage officiel à un nouveau mode de gouvernement, présenté comme l’application concrète des théories politiques de Kadhafi. Jamahiriya, néologisme arabe inventé par Kadhafi, étant traduisible par  État des masses .

Le Conseil de commandement est remplacé par le secrétariat général du Congrès général du peuple, Kadhafi demeurant dans un premier temps chef de l’État en qualité de secrétaire général du CGP. Kadhafi maintient son autorité en usant plusieurs leviers de pouvoirs : il joue des influences de l’armée, du Congrès général du peuple, et des Comités révolutionnaires qui noyautent les deux autres institutions. Le 2 mars 1979, Kadhafi abandonne le poste de secrétaire général du Congrès général du peuple, cessant dès lors d’être chef de l’État en titre. Toutes les décisions importantes demeurent prises par le colonel Kadhafi lui-même, entouré d’un groupe restreint de conseillers tandis que les titulaires successifs du poste de secrétaire général du CGP ne font figure que d’acteurs secondaires du régime.