N’aie pas peur PDF

Cet article sert régulièrement de base à des conférences. Novembre n’aie pas peur PDF, texte désormais disponible en ligne ICI.


D’où venons-nous ? D’un monde sans Dieu, désorienté, divisé, à l’ombre de la mort. Où allons-nous ? Vers le Père, source de la Vie. Dans quel but, Pour recevoir l’Esprit saint qui fait de l’être humain une créature nouvelle. Comment y allons-nous ? Par le mystère de l’Eglise, lieu où se vit en plénitude l’union au Christ ressuscité. C’est ce chemin de transformation intérieure que le père Cyrille Argenti (1918-1994) nous propose dans N’aie pas peur, qui regroupe ses principaux écrits et conférences. Introduit par une autobiographie de l’auteur et un hommage d’Olivier Clément, l’ouvrage décline les grands thèmes qui furent au cœur de la vie de ce prêtre prophétique : la vocation et destinée de l’homme appelé à la déification, la quête de la liberté dans le souffle créateur de l’Esprit saint, le combat contre le mal, la Croix comme chemin de réconciliation et lieu de solidarité avec les réprouvés de la terre, l’offrande de soi pour le salut du monde dans la liturgie eucharistique, le sacrement du frère et l’accueil de l’étranger comme figures du Christ, le nécessaire engagement pour l’unité des chrétiens et le développement d’une Orthodoxie francophone et locale. Ancrée dans une méditation profonde de la Bible et une connaissance intime des Pères de l’Eglise, animé d’un grand sens pédagogique et pastoral, N’aie pas peur est également un véritable traité spirituel sur comment vivre en chrétien et prier dans le monde, comment faire d’une paroisse une communauté de témoignage. A l’écoute constante de la Parole, le père Cyrille sait toucher le cœur par sa parole de feu et de chair, qui renouvelle le langage de la foi. Pour lui, le christianisme n’aura d’avenir qu’à trois conditions : que tous les fidèles se sentent responsables de leur Eglise, que l’institution ecclésiale transcende ses pesanteurs sociologiques, que le temps des tièdes – que le Christ vomira de sa bouche – prenne fin. Alors, le monde pourra être changé en Royaume par l’amour. Ce livre est le premier du père Cyrille Argenti.

De graves atteintes narcissiques Tout échec, chez qui que ce soit, et de quelque type qu’il soit, implique, presque par définition, une « atteinte de l’image de soi ». Mais l’échec scolaire tend à aggraver ces réactions habituelles, pour quatre raisons au moins. Autrement dit, l’enfant est narcissiquement dépendant, dans des proportions bien plus grandes que l’adulte. L’échec est précoce Les enfants qui réussissent mal à l’école, même ceux qui n’échouent pas dans les classes de l’enseignement spécialisé, sont presque toujours en grande difficulté dès le Cours Préparatoire.

Voir sur ce point les études ministérielles sur les corrélations entre la scolarité en Cours Préparatoire et la réussite au Lycée. L’échec scolaire n’est probablement que très exceptionnellement le fruit de « circonstances malheureuses ». Peu de « hasards » ici : ce sont les plus « fragiles » qui échouent. L’école est au cœur des valorisations des enfants Enfin, aujourd’hui, dans nos sociétés développées, la scolarité est devenue, dans presque tous les milieux, la tâche essentielle des enfants : on demande d’abord à un enfant de « bien travailler à l’école ». Le plus souvent, même, on ne lui demande que cela. Le travail scolaire est ainsi devenu sa plus importante source de reconnaissance, sinon la seule. Il consiste à effacer les traces conscientes de ces pulsions ou tentations.

Le simple refoulement ne peut guère jouer ici, car les pulsions internes ne sont pas directement en cause. L’enfant, lui, tend à « agir » ses régressions. Il ne se réfugie pas mentalement dans des souvenirs agréables, comme le fait parfois l’adulte, et plus souvent encore la personne âgée. Il actualise dans des conduites ces situations antérieures.

La gestion psychopédagogique des problèmes posés par ces mécanismes régressifs est assez difficile. On est contraint de naviguer à vue entre deux écueils. Le déplacement Dans le déplacement, le désir narcissique, le besoin d’estime de soi, se détourne de l’activité scolaire où il ne trouve pas à se satisfaire, et tente de trouver des gratifications dans d’autres activités. Narcissiquement, c’est un comportement qui peut être très adaptatif si l’enfant trouve de fait ailleurs d’autres gratifications.

Certains de ces déplacements, fréquents même chez les élèves de l’enseignement spécialisé, restent cependant liés au cadre scolaire. Il s’agit par exemple de « positions » intrascolaires comme celle de « pitre de la classe », ou de « caïd des cours de récréation » ou des sorties d’école. Toutes ces attitudes dénotent un maintien, plus ou moins perverti bien sûr, du « lien à l’école ». Cela n’est pas très grave, bien au contraire, mais uniquement tant que cela n’entrave pas des activités plus « réalistes ». La réaction pédagogique face à ce mécanisme de défense est, pour une fois, simple et aisée dans la plupart des cas. Il ne faut toutefois pas se faire trop d’illusions sur la réalité du public de l’enseignement spécialisé.

L’enfant rêveur est potentiellement un bon élève, puisqu’il a « par nature » une activité mentale intense, laquelle constitue la matière première essentielle de la scolarité. Il parvient en fin de compte assez rarement à se rendre assez mauvais pour atterrir dans nos classes. Ne pas confondre dénégation et déni. Voir ci-dessous, et voir le chapitre sur le déni. On peut seulement noter que la puissance même de la vindicte antiscolaire de la famille témoigne à sa façon d’un fort attachement à l’école. L’identification à l’agresseur C’est un mécanisme de type masochique : l’enfant, agressé par une école dévalorisante pour lui, se défend contre cette dévalorisation en suradhérant à ce qu’il pense être les valeurs et les exigences de cette école sadique, ou en se suridentifiant au maître qui incarne cette école, et en trouvant plaisir et fierté dans ces identifications. La projection sur autrui Il s’agit d’un mécanisme défensif très classique : c’est le principe du « racisme du petit blanc ».