Monnaies objets d’échange : Afrique – Asie – Océanie PDF

Carte des Moluques et de la Nouvelle-Guinée, en espagnol et portugais, c. On remarquera, entre les deux, monnaies objets d’échange : Afrique – Asie – Océanie PDF île portant la mention « Os Papos », « les Papous ». L’origine du nom « Papou » est discutée.


Aliments, dents, coquillages, plumes, ambre, pierres, métaux, objets manufacturés, textiles, outils, depuis la nuit des temps, les échanges se déclinent sous toutes ces formes. Les populations côtières troquaient avec celles de l’intérieur le produit de leur pêche contre les denrées indisponibles dans leur environnement. A la recherche d’une route maritime vers les Indes, les explorateurs des Temps modernes visitèrent les côtes de l’Afrique avant de pénétrer au coeur du continent. Ils y découvrirent une multitude de pratiques mercantiles, avec ou sans monnaie, dont beaucoup perdurèrent jusqu’au XXe siècle. Le pouvoir d’un homme se mesurait souvent à sa propension à redistribuer ses richesses. Selon un usage universel, tractations, dons et contre-dons accompagnaient jadis les grandes étapes de l’existence. La main d’une femme ne s’obtenait qu’au prix de la compensation matrimoniale et l’échange de cadeaux représentait le signe tangible d’un engagement. En Asie, le prétendant offrait souvent des boucles d’oreilles ou des bracelets en métal précieux ; les accepter impliquait une réponse positive. Lors des funérailles, l’assistance pourvoyait le défunt en textiles et bijoux pour sa vie dans l’au-delà et afin qu’il y fût reconnu par ses ancêtres. Contrairement aux Polynésiens, les Mélanésiens n’étaient pas en reste de systèmes monétaires. Des échanges très ritualisés furent pérennisés jusqu’à nos jours, à l’instar du moka des Hautes Terres de Nouvelle-Guinée et de la kula dans le Massim, à l’est de l’île. L’étude menée par Anne Vanderstraete sur les monnaies et objets d’échange sélectionnés dans les collections du musée Barbier-Mueller explique non seulement les pratiques liées à l’utilisation de ces pièces dans leur contexte d’origine mais explore aussi la richesse esthétique de ce fonds. De nombreuses oeuvres sont dévoilées pour la première fois au public.

Il aurait été introduit en 1526 par l’explorateur portugais Jorge de Meneses. Espagnols, établis aux Philippines, et les Portugais, installés dans les Moluques, appellent  îles Papoues  l’archipel situé au nord de Seram, une île de l’archipel des Moluques, et à l’est de Halmahera, une autre île des Moluques. Plus tard, le nom de « Terra de Papos » désignera une île que les Espagnols avaient initialement baptisée Nova Guinea. Des auteurs européens du XIXe reprennent le mot. L’étymologie du nom la plus couramment citée est une expression, « puah-puah », qui signifierait  frisé  en malais. Si cette étymologie est correcte, elle est révélatrice de la perception qu’avait de l’île le monde extérieur. En 1545, les Espagnols l’avaient en effet baptisée  Nouvelle-Guinée  en référence à la peau noire et aux cheveux frisés de ses habitants, qui leur rappelaient ceux de la Guinée.

Auparavant, l’Australie avait été peuplée par des migrations depuis l’actuel continent asiatique qui auraient eu lieu il y a au moins 40 000 ans, à la suite de la sortie d’un groupe d’Homo sapiens d’Afrique il y a 60 000 à 70 000 ans. Ces migrations vers l’Australie étaient possibles car à l’époque, le niveau des mers était plus bas qu’actuellement. On estime que les Papous commencent à pratiquer l’agriculture vers 7 000 ans av. Ils domestiquent la canne à sucre et des racines. Il se peut qu’ils domestiquent également le porc vers cette époque. Il y a 5 000 à 6 000 ans, le niveau général des mers est remonté pour atteindre la situation actuelle, coupant ces populations du continent asiatique, en créant des bras de mer plus importants. Par ailleurs il y a 5 000 ans, des habitants du littoral de la Chine du Sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s’installer à Taïwan.

Il y a 4 000 ans, des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers l’archipel indonésien. La côte nord de la Nouvelle-Guinée et les îles voisines, aussi bien du côté indonésien que de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, est ainsi une mosaïque linguistique dans laquelle se juxtaposent des langues austronésiennes et des langues dites  papoues . Il existe des relations anciennes entre l’ouest de la Nouvelle-Guinée et le reste de l’archipel indonésien.

Le sultanat de Bacan, vassal de celui de Tidore, revendiquait la suzeraineté sur les îles Raja Ampat près de la côte occidentale de la Nouvelle-Guinée. Dans la foulée de la conquête de Malacca en 1511 Afonso de Albuquerque, vice-roi des Indes portugaises, envoie aux Moluques deux de ses lieutenants, Antonio de Abreu et Francisco Serrano. Malacca, les deux hommes rapportent avoir vu des hommes totalement différents des Malais. Pendant longtemps, le monde extérieur ne connaît de la Nouvelle-Guinée que le littoral.