Le Père séparé – Être père quand même (Parcours) PDF

Henri Calet naquit à Paris d’un père anarchiste parisien, Théo Feuilleaubois, vivant de divers emplois, et d’une mère belge flamande, Anne Barthelmess née Claus, que Théo avait rencontrée à Bruxelles. Raymond, qui ne fréquentait pas l’école, fit une chute grave dans la fosse du garage où travaillait son père, et fut envoyé en convalescence pour une année dans un pensionnat spécialisé à Berck-sur-Mer. Pour échapper à la mobilisation, Théo Barthelmess, selon sa coutume, se sauva avec Ida pour se réfugier pendant cinq ans aux Pays-Bas sous une fausse identité, tandis que de son côté Anne s’enfuit avec son fils, alors âgé de dix ans, en Belgique occupée. Vers 1920, les parents de Raymond Barthelmess, s’étant rabibochés, élurent domicile dans un deux-le Père séparé – Être père quand même (Parcours) PDF assez fruste situé dans le même immeuble de la rue Brunel, dans le XVIIe arrondissement, que celui où la mère vécut avant la guerre, et occuperont ensuite ce logement jusqu’à la fin de leurs jours.


Ses revenus, quoiqu’en augmentation, restaient insuffisants à financer son train de vie et surtout sa funeste passion des courses de chevaux, dans lesquelles il engage des sommes de plus en plus considérables. Le jour même du vol, Henri Calet et Sima prirent le train pour Liège en Belgique, où il espérait rencontrer Jean De Boë, compagnon de sa tante et anarchiste, dont il escomptait des conseils sur la marche à suivre pour quitter l’Europe. De retour en Uruguay, où il multiplia fiascos et expériences navrantes, mettant sur pied notamment un fonds de librairie, entreprise qui avorta bientôt faute de ses soins. En revanche, il fréquentait assidûment l’hippodrome de Montevideo. S’il fut lié pendant quelque temps avec une réfugiée politique qui travaillait comme serveuse, Henri Calet tomba sous la fascination ambiguë d’un certain Luis Eduardo Pombo, jeune homosexuel uruguayen plein de charme, fort cultivé, féru d’art et de poésie, qui lui deviendra bientôt indispensable et l’initia à la cocaïne. Le 15 mai 1931, Henri Calet mit pied à terre à Hambourg, puis se rendit à Berlin, où il retrouva Sima et se remit en ménage avec elle.

Le couple fut plongé dans une grande précarité financière et, pour subsister, Calet donnait des leçons particulières de français. Le 31 juillet de la même année, Henri Calet, de retour près de Paris, avait trouvé à se loger dans une pension de famille à Puteaux. Illégal, il dut vivre caché en permanence, et connut, lors de ses fréquents déplacements à Paris, l’angoisse d’être contrôlé par la police. Il écrivit des poèmes ainsi que sa première nouvelle, Vie de famille, laquelle sera, à l’intervention de son ami Michel Matveev, publiée en novembre 1933 dans la revue Avant-poste. Entre-temps, il envoyait à Pombo des lettres enflammées, toutes restées sans réponse. En 1935, Henri Calet commença une liaison avec Marthe Klein, veuve d’un sculpteur, pendant que, à la NRF, Jean Paulhan accueillait avec enthousiasme son manuscrit de la Belle Lurette, qui paraîtra en octobre 1935 chez Gallimard.