La solidarité : chez les plantes, les animaux, les humains (Documents) PDF

La manifestation contre le projet de loi la solidarité : chez les plantes, les animaux, les humains (Documents) PDF droit au mariage entre personnes de même sexe a réuni dimanche 13 janvier entre 350 000 et 800 000 personnes dans les rues de Paris. Un succès de mobilisation pour ses organisateurs.


Une interprétation, fort discutable, de l’œuvre de Darwin a imposé la compétition et la lutte comme les moteurs de la vie, aussi bien dans la nature que dans la société. Or la nature met en œuvre d’innombrables systèmes de symbioses et de solidarités qui ont joué un rôle déterminant dans toute l’évolution biologique et sans lesquelles il serait impossible de comprendre le fonctionnement des écosystèmes. Les lichens comme les coraux sont des êtres doubles où chacune des parties rend des services à l’autre ; quant aux champignons, ils nourrissent les arbres qu’ils paraissent parasiter.

Dans le règne animal, les prestations de services mutuels entre espèces sont tout à fait courantes. Poissons et oiseaux pratiquent des comportements d’entraide qui témoignent d’un authentique altruisme : ceux-ci, comme l’amitié chez de nombreux mammifères, ne sont pas le propre de l’homme.

Quant aux sociétés humaines, elles ont mis en œuvre de précieuses organisations : les mutualités, les coopératives, la sécurité sociale et les assurances, etc., qui sont la base de l’économie solidaire.

La mise en œuvre de nouveaux mécanismes de solidarité sera pourtant absolument nécessaire si l’on veut assurer demain à tous un emploi et un statut dignes d’un être humain ; mais aussi pour sauver la planète des menaces grandissantes que notre mode de développement fait peser sur elle.

Mais parmi les pancartes brandies par les manifestants, comme parmi les prises de position de ses représentants, nombre de slogans et d’arguments sont factuellement discutables, voire faux. Ce qu’on entend :  Nous allons lutter sur les conséquences du texte, dont la disparition du terme de  père  et de  mère  dans la plupart des articles du code civil. Dans un premier temps, le projet envisageait de substituer le terme de  parents  à celui de  père et mère  lorsque c’était nécessaire. Lorsque cela s’avère nécessaire, les mots  père et mère  sont remplacés par le mot  parents  et les mots  mari et femme  par le mot  époux . Ces substitutions concernent uniquement les articles qui s’appliquent à tous les couples. Dans tous les autres cas, les articles ne sont pas modifiés : tel est le cas dans l’ensemble des dispositions concernant la filiation établie par le seul effet de la loi. Mais, comme le relatait La Croix en décembre, la possibilité de supprimer ces deux termes a ému des juristes, qui ont évoqué la possible confusion entre  parents  au sens de  père et mère  et celui, plus large,  d’ascendant , et ses conséquences juridiques éventuelles.

Dans un entretien au Monde le 23 novembre, la garde des Sceaux Christiane Taubira avait pourtant expliqué que les mots  père  et  mère  allaient être  maintenus dans le code civil partout où c’était possible. On n’abolit pas le mariage hétérosexuel ! La majorité envisage désormais un article  balai  qui préciserait qu’il faut interpréter les mots  père et mère  en fonction du type de famille et les assimiler à  parents  en cas de famille homoparentale. Et la garde des sceaux Christine Taubira l’a redit, dimanche 13 janvier sur TF1 :  Le code civil ne bouge pas sur la filiation.

Et de préciser :  Rien ne change pour les couples hétérosexuels, ni dans le code civil ni dans les actes du code civil. Reste un point encore flou : l’adaptation dans le livret de famille. Tant que la loi n’est pas votée, ces modifications ne sont pas encore envisagées. Plusieurs pistes ont été évoquées, notamment la mise en place de plusieurs livrets en fonction du type de famille. Moins présent ces derniers temps, cet argument affirmant qu’à la place de  père et mère , le code civil et le livret de famille évoqueraient après la loi  parents A et B  ou  1 et 2  fit pourtant florès tout l’automne 2012. Et il se retrouve encore sur les pancartes de la manifestation de dimanche.

Là encore, comme nous l’avions expliqué en novembre, l’argument n’a aucune réalité s’agissant de la loi. Il vient d’une militante anti-mariage homosexuel, Béatrice Bourges, représentante du Collectif pour l’enfant, qui avait évoqué cette hypothèse au printemps, longtemps avant que les premiers documents de travail ne soient rendus publics. Mais, comme pour la mention de  père et mère , l’inconnue subsiste concernant le futur livret de famille, qui n’est pas défini dans la loi mais par un arrêté ministériel. Au vu de sa forme actuelle, il faudra effectivement trouver une alternative aux termes  père  et  mère . Une solution déjà évoquée serait par exemple d’avoir deux formats de livrets différents. Les anti-mariage invoquent aussi régulièrement la défense et la sauvegarde du code civil français, qui serait  bouleversé  par cette loi.