Géopolitique et Virages de la Formule 1 PDF

La question de l’identité, réduite au narcissisme le plus nu, traverse les foules quand elles ne sont plus citoyennes. Ce constat, je l’écrivais il y a plus de deux ans. Une nouvelle géopolitique et Virages de la Formule 1 PDF nous est donnée par les dérives de ce que l’on peut appeler la gauche identitaire mais aussi de certains intellectuels .


Parmi les méga-événements sportifs qui rythment le calendrier de nos sociétés contemporaines, les courses de Formule 1 révèlent des enjeux qui dépassent les frontières sportives. La discipline reine du sport automobile est un terrain particulièrement propice aux tensions et aux rapports de force entre, d’une part, les industries du spectacle et du sport et, d’autre part, les villes, les pays et les communautés d’accueil. Du Grand Prix de Montréal à l’incontournable circuit de Monte-Carlo, en passant par les nouvelles destinations de l’Asie orientale, les auteurs font la lumière sur le visage qu’a pris le sport-spectacle qu’est la Formule 1 au cours des dernières années. Cet ouvrage s’adresse à la fois aux passionnés de F1 et à tous ceux qui cherchent à décrypter les multiples informations que diffusent quotidiennement les médias à son sujet.

Le terme de gauche identitaire a été formulé par Alexis Carré dans une récente interview qu’il a donnée au Figaro. Pour lui, cela désigne cette frange militante qui s’inspire des idées développées aux Etats-Unis dans les années 1990. On y trouve tant des militantes d’une féminisme que l’on peut trouver extrémistes que les militants dits décoloniaux . Dans l’interview d’Alexis Carré, il s’agit donc des militants de cette nouvelle forme d’activisme qui est d’abord apparue sur les campus universitaires américains. Ce mouvement, que l’on peut appeler le progressisme identitaire et qui prétend s’inspirer des travaux de Michel Foucaud, a également engendré une stratégie électorale particulière.

Celle-ci a été illustrée en France par le fameux rapport Terra Nova de 2011. Dans ce document, Olivier Ferrand, Romain Prudent et Bruno Jeanbart constataient l’érosion du soutien des classes populaires à l’égard du parti socialiste. Ils l’avaient été avant par Fatiha Agag-Boudjahlat dans son ouvrage Le Grand Détournement dont j’ai rendu compte en novembre 2017. Cette paralysie a donc pris plusieurs formes, correspondant à des stades dans la progression de cette gauche identitaire . Dans un premier temps, comme le fait remarquer Alexis Carré ces mouvements n’ont accordé leur soutien aux partis traditionnels qu’en échange de mesures dont leurs adversaires conservateurs ne pouvaient accepter l’application sans se couper de leur base . Pour Alexis Carré, ceci fut aggravé par le langage accusateur et agressif, essentiellement anti-pluraliste, dans lequel étaient exprimées les revendications progressistes . Il faut ici faire une mise au point.

Si certaines des revendications portées par cette gauche identitaire sont effectivement progressistes, une autre partie, et qui tend à devenir majoritaire, est en réalité régressive, quand elle n’est pas extraordinairement réactionnaire. Le populisme est-il une réponse à cette gauche identitaire ? Il identifie bien les catégories qui sont frappées par le choc de la mondialisation et qui se révoltent. Mais, si ces catégories détestent les élites, elles ne font pas des migrants la seule source de leur malheur. Par contre, elles associent bien le phénomène des migrations de masse à la mondialisation qu’elles rejettent.